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Articles avec #2014 catégorie

2016-08-19T10:43:34+02:00

Boulot ingrat

Publié par Tilancia
écrit le 12/07/2014
écrit le 12/07/2014

Ce vieux cadre s'accorde bien avec ce vieux mur, peut-être était-ce un miroir ? En tout cas, ce qui se tient en face de moi ne me renvoie rien. Dois-je y voir un quelconque message ? De ce rien je devine les erreurs de toute une vie, des erreurs qui m'amènent aujourd'hui ici, seul.
Si je m'arrête souvent dans cette ruelle, c'est pour faire face à ma conscience. Mon travail, mes obligations, tout cela m'oblige à la cacher au plus profond de mon être. C'est sur ce petit pavé que je la retrouve, l'espace de quelques minutes. Elle était pourtant si belle autrefois...
Il est l'heure d'y aller. Aujourd'hui encore je vais en faire pleurer...

Tilancia

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2016-08-19T10:41:38+02:00

Traversons

Publié par Tilancia
écrit le 1/07/2014
écrit le 1/07/2014

Le jour se lève sur la mer enfin calme. La nuit n'a été que tempête et les marins de ce petit voilier sont tous épuisés. Sans le savoir, ils ont franchi un cap dont le retour semble impossible. L'Homme de la mer est fort occupé. Il ne peut se déplacer pour accueillir ses nouveaux hôtes. D'un son unique il appelle son messager terrestre. Il va guider nos hommes jusqu'au linceul blanc qui émerge de nul part et de partout à la fois, de la mer je crois. Il est l'heure de virer de bord et de descendre dans les entrailles abyssales de ce liquide étrange.

Qui eut cru que le Passeur était une mouette ?


Tilancia

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2016-08-19T10:40:00+02:00

C'est moi

Publié par Tilancia
écrit le 22/06/2014
écrit le 22/06/2014

Le regard que je porte sur notre bas monde n'est pas très positif. Je le regarde d'un air absent, froid, comme si je n'en faisais pas partie. Je n'ai pas peur de dire que je me sens supérieure aux autres. J'aime leur marcher dessus, après tout, c'est mon métier. J'arrive tel un fléau dans leur vie et ma géante emprise ne leur laisse que très peu de répit. Ils finissent tous par crouler sous mon poids. Ces hommes me représentent parfois sous des traits féminins, alors pour leur faire plaisir je revêts cette forme impitoyable.
Je suis la Mort.

Tilancia

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2016-08-19T10:34:15+02:00

Abra... bric à brac

Publié par Tilancia
écrit le 19/06/2014
écrit le 19/06/2014

Le magicien avait une fois encore réalisé le numéro interdit. Les âmes s'étaient échappées de leurs corps pour voyager dans d'autres. La danseuse avait atterri dans le corps du chien. Estomaquée à l'idée de faire sa représentation nue, le pelage ne comptant pas comme un costume à ses yeux, elle enfila rapidement une petite fraise qui se trouvait non loin de là. Un collier... un simple collier pour la rassurer. Notre pauvre chien, lui, était arrivé dans le corps de Bozzo le clowm. Incapable de parler ou de se servir de ce nouveau corps, il regardait son ancien réceptacle en se laissant maquillé. Si vous suivez le raisonnement, vous comprenez donc que le clown a atterri chez notre danseuse. Se trouvant trop beau, trop bien apprêté, il s'empressa de se mettre devant le miroir le plus proche, défit son chignon tiré à quatre épingles et, du gel plein les mains, tenta de se faire une crête digne du clown qu'il était.

Le magicien faisait la gaffe plusieurs fois par an, cependant il était impossible de prévoir dans quel corps allait être mutée telle ou telle âme.

Vous vous demandez sûrement ce qu'est ce sort interdit... Ma foi, vous ne le saurez pas. Sachez seulement qu'après avoir lu ces quelques lignes, vous ne serez plus le même !

Tilancia

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2016-08-19T10:32:00+02:00

Regarde moi

Publié par Tilancia
écrit le 11/06/2014
écrit le 11/06/2014

Il était une fois deux camarades de classe qui ne se parlaient jamais. A chaque pause, chacun sortait son téléphone et s'enfermait petit à petit dans sa bulle. Mais le Créateur voyait cela d'un mauvais œil. Les deux jeunes gens semblaient absorbés par leurs petites machines et ne se saluaient même plus.
Un jour qu'ils étaient de sortie scolaire, rebelote. Le Créateur, à bout de patience, les figea dans l'embrasure d'une porte qui avait autrefois existé. Là, dans un vieux mur de pierres, nos deux amis se retrouvaient dans les bras l'un de l'autre. Le Créateur avait été intelligent, il avait caché les téléphones portables derrières les visages des deux amis.
Désormais et à tout jamais, au lieu de voir un écran, ces jeunes gens verront un visage. Si j'osais je vous dirai :
« Prenez votre mal en patience... Le Créateur s'est assoupi... Vous avez amplement le temps de faire connaissance ! »

Tilancia

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2016-08-19T10:16:39+02:00

J'aurai ta peau

Publié par Tilancia
écrit le 5/06/2014
écrit le 5/06/2014

Je déteste cette formule et Dieu seul sait qu'elle me le rend bien. Je suis persuadé qu'elle est capable de sentir la haine que je lui voue et que c'est pour cette raison qu'elle se venge. A chaque devoir, elle est là, silencieuse, sournoise. Elle me regarde et me nargue, je le sens ! Elle arrive de partout et de nul part à la fois. Mes cauchemars ne savent pas non plus comment l'extraire de mon crâne. Aujourd'hui, alors que je sors prendre l'air, je l'aperçois une nouvelle fois ! Elle est immense, en marbre blanc et plus que jamais j'ai peur qu'elle m'écrase comme le vulgaire insecte que je suis. Je me roule par terre, je hurle pour qu'on me vienne en aide. C'est alors qu'un homme en blouse blanche arrive, essoufflé. Il n'a pas peur d'elle, il me protège même.
- Mr Einstein, il est l'heure de rentrer et de prendre vos cachets.
Je lui fais confiance et le suis sans histoire. Ce soir encore je mettrai mon beau pull, vous savez, celui avec les manches croisées.

Tilancia

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2016-08-18T12:33:09+02:00

Maman l'avait dit !

Publié par Tilancia
écrit le 30/05/2014
écrit le 30/05/2014

Maman m'avait dit
Tu finiras vieille fille.
Ne voulant pas la croire
Je lui dis attends de voir.
Au final j'en déniche un,
Un gars vraiment bien.
Mais le jour J,
En pleine cérémonie,
Le marié s'est enfuie
Avec ma copine Julie.
Le buffet fut quand même mangé
Maman et moi étions gavées !

Tilancia

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2016-08-18T12:29:49+02:00

Moi ? C'est Pierre

Publié par Tilancia
écrit le 21/05/2014
écrit le 21/05/2014

Croyez-vous que poser pour les passants soit un métier excitant ? Rahh... Je maudis le jour où l'on m'a façonné et posé ici pour distraire les autres. Une photo ? Pas de soucis, ce n'est pas comme si j'allais m'enfuir de toutes façons. Et ce soleil irritant... ! Encore heureux qu'on ait pris le temps de me fournir un chapeau.
C'est vrai, après tout, de quoi je me plains ? Peut-être de ne pas être humain ?

Tilancia

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2016-08-18T12:16:22+02:00

Sorcière

Publié par Tilancia
écrit le 13/05/2014
écrit le 13/05/2014

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été aveugle. Père disait souvent que je tenais ça de Mère. Cette dernière m'avait donné naissance au détriment de sa vie. Cette vue manquante était pour moi le prix à payer pour l'avoir tué.
Dans le village, bien que je ne pouvais voir nos voisins, je sentais brûler mes joues sous le poids de leurs regards. Comme dans toute petite communauté, les informations circulaient très vite et le temps qui passait n'effaçait malheureusement pas les histoires. Il m'était difficile de communiquer avec eux et mon cœur en était le premier à souffrir. Ne me restait que Père qui, le soir venu, passait des heures à me coiffer et à me natter. Il ne cessait de complimenter mes longs cheveux noirs qui lui rappelaient tant Mère. Pourtant, chaque soir, même la chaleur du feu ne suffisait pas à réchauffer mon âme. Je savais que je ne pourrai pas être dépendante de Père toute ma vie. Je le sentais vieillir encore plus vite lorsqu'il me parlait de son rêve de me voir un jour en épouse comblée.
Je crois qu'il était déjà presque midi ce jour là mais Père n'était toujours pas de retour. Il m'avait dit de l'attendre à la maison le temps qu'il aille chercher les provisions de la semaine. Je commençais à paniquer. Je sortais de la maison en me hâtant, trébuchant ça et là. Je connaissais le chemin par cœur mais ses détails m'échappaient encore. Après plusieurs chutes ayant, à en croire la douleur, bien abîmé mes jambes, j'arrivais à la place que je trouvais bien plus bruyante que d'habitude. J'avançais à taton en écoutant les gens hurler qu'un convoi venait d'heurter un paysan. Je sentais que ce paysan n'était autre que Père. Je demandais à quelqu'un de me mener près du blessé.
De mes petites mains je caressais ce visage que je reconnus immédiatement. Il était si froid...Je sentis quelque chose d'humide rouler sur ma main. Père pleurait. Le silence se fit roi autour de nous au moment où la vie l'abandonnait, lui aussi.
Une femme descendit du convoi en hurlant comme une furie. A l'odeur qu'elle dégageait je sus que c'était une noble. Elle pestait contre la terre entière en demandant pourquoi ils n'avançaient plus. Un homme lui rapporta l'accident et elle s'approcha enfin de nous. Je ne sais pas ce que j'attendais exactement, mais je ne pensais pas qu'elle m'attraperait par les cheveux avec une violence inouïe. Elle me tira en arrière en me demandant qui j'étais pour oser ralentir son voyage. J'avais beau me débattre pour tenter de rejoindre Père, elle refusait de me lâcher. Cette femme ordonna qu'on dégage le chemin et ses hommes prirent Père et le jetèrent sur le bas côté. Le bruit sourd de son corps retombant sur le sol brisa mon âme en mille morceaux. Je hurlais tout mon soûl et sentais le sang battre dans mes veines. J'attrapais une pierre assez fine et d'un coup tranchait la chevelure qui me retenait captive. Mes hurlements firent même taire cette maudite femme mais il était déjà trop tard, pour elle, pour eux, pour moi. Les larmes devenaient torrent sur mon visage et mon corps était comme un volcan prêt à entrer en éruption. La magie s'insinua dans tout mon être pour se mêler à la colère. Mes larmes devinrent des pierres, mes cris des vents ravageurs.
Ce jour là, tous furent tués. Tous sauf moi. Après avoir enterré Père comme il se devait, j'ai longtemps erré dans le village désert mais les vents m’apportèrent la rumeur des villages voisins. Ces derniers organisaient des battues pour trouver et tuer la sorcière qui crache des pierres et qui souffle des tempêtes. Un sourire fade m'avait alors illuminé le visage en pensant que cette rumeur était déjà à côté de la vérité. Ils m'avaient surnommé la sorcière de feu, soit disant parce que mes cheveux étaient devenus rouges flamme.
J'étais toujours moi, malgré le sang qui tachait mes mains. Je voyageais longuement, le vent me guidant comme mes yeux et mes oreilles. Après une certaine période d'errance, je décidais de me reposer dans un village fort accueillant. J'avais pris l'habitude de revêtir une cape sombre, incapable de savoir si mes cheveux étaient réellement devenus rouges ou non. Ici, les gens parlaient d'un sorcier. Je rigolais intérieurement en observant le pouvoir déformant des rumeurs jusqu'à ce que je comprenne qu'ils ne parlaient pas de moi mais bien d'un autre individu. Ses pouvoirs étaient apparemment incommensurables et son physique était son arme la plus redoutable.
Je l'ai cherché pendant des années.
Père, aujourd'hui je peux te le dire : je suis une épouse comblée.

Tilancia

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2016-08-18T12:10:15+02:00

Dernière chanson

Publié par Tilancia
écrit le 6/05/2014
écrit le 6/05/2014

Le bar était plein et la fameuse équipe que nous étions accumulait les verres pour sombrer petit à petit dans cet état d'ivresse qui nous rendait si joyeux. Je ne me souviens pas bien de ce que l'on fêtait ce soir là, les vacances peut-être ? Le karaoké battait son plein. Un peu trop joyeuse, et poussée par mes amis, je me lançais. Je me levais d'un coup, marchais droit devant avec cet air déterminé jusqu'à la scénette. Je ne me souviens pas de ce que j'ai bien pu chanter mais ce qui est sur, c'est que j'avais monopolisé le karaoké jusque tard dans la soirée. Les titres s’enchaînaient et je chantais toujours plus fort, à en perdre la voix.

Depuis la première chanson, je l'avais repéré. Il était assit au fond du bar, seul. Il portait sur lui cet air sombre qui disait clairement « ne m'approchez pas ». J'avais réussi à capter son attention et son regard d'un bleu glace. Son visage était dénué de toute expression mais ses yeux ne me quittaient plus. Était-ce pour cela que je n'avais pas voulu prêter le micro ? Avais-je eu peur qu'une autre suscite en lui le moindre intérêt ?

Le temps sembla s'arrêter l'espace d'un instant. Plus personne ne bougeait... plus personne sauf nous deux. L'homme s'approcha avec un grâce féline et, une fois à ma hauteur, me tendit cette main que j'allais découvrir douce et froide. Je n'avais plus peur car je savais qu'il était venu pour moi. Je posais ma main dans la sienne, prête à le suivre n'importe où.

Le temps reprit son cours et je restais là, avec lui, quelques secondes à regarder les gens s'agiter et crier dans tous les sens. Personne ne semblait nous remarquer. Quelqu'un accouru vers la scène. En le suivant des yeux, je tombais sur mon corps, posé là, inerte. Mon ami essayait tant bien que mal de me ranimer mais je comprenais maintenant que le prince de glace m'emmenait avec lui, loin, très loin de tout ça.

Un regard de sa part et je sus qu'il était l'heure. Je m'accrochais à lui comme si ma vie en dépendait, bien que cette vie humaine qui était jusqu'alors la mienne venait de s'éteindre. Il me prit dans ses bras et l'instant d'après, nous n'étions plus là.

Je ne peux pas vous dire où nous sommes à l'heure actuelle. Je ne peux pas vous dire à quel point tout est beau, ici. Je ne peux pas vous dire que je ne reviendrai jamais. Je peux seulement vous dire que je n'ai jamais été aussi heureuse.

Tilancia

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