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Articles avec #2016 catégorie

2016-10-27T21:41:32+02:00

Un dernier verre (2)

Publié par Tilancia

écrit le 27/10/2016

Il ne pouvait s'empêcher de regarder Mala. Depuis des mois, il s'était fait violence pour ne plus réapparaître devant elle. Mais la voir dépérir un peu plus chaque jour lui crevait le cœur, le lui brisait en un millier de pièces comme un vulgaire puzzle. Il voyait en elle ce qu'il avait été lors de ses derniers instants : un être cadavérique, blême, épuisé, un mélange de douleur, de haine et de mort sur le visage.

 

Bon sang ce qu'il avait aimé cette fille, et ce, dès le début ! Un soir lambda, alors qu'il venait au bar comme tous les soirs, il trouva au comptoir, non pas le barman grincheux de d'habitude mais une jeune et jolie jeune femme. Elle était sublime, avec ce diapason dans la voix qui lui était si particulier. Bien qu'irrésistiblement attiré par elle, il s'était rapidement retranché au fond de la salle et avait gardé cette attitude pendant un certain temps. Non, il n'était pas un gars bien pour elle. Elle méritait bien mieux. Il avait vraiment fait de son mieux mais c'était sans compter sur l'entêtement de la jeune femme. Avec patience et ingéniosité, elle sut percer ses dernières défenses et il n'eut d'autres choix que de lâcher prise. Ces rendez-vous quotidiens autour d'un indien devinrent magiques, comme une drogue. Il apprit beaucoup de choses sur elle, notamment qu'elle s'appelait Maladie. Il aimait son surnom mais son vrai prénom avait un goût exquis.

C'est alors qu'il avait cessé de venir la voir. Elle avait une telle attraction sur lui qu'il en cessait de vivre. Mais sa nature pour le moins douteuse compensait. Alors, pourquoi, me direz-vous, a-t-il cessé de venir la voir ? Et que lui est-il vraiment arrivé ?

Le premier soir où il ne vint pas, il se passa quelque chose. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques pas du bar, il aperçut un homme étrange sur le trottoir en face dudit bar. Il observait Maladie d'un œil avide et cruel. Parcouru d'une colère froide, il sut alors qu'il pourrait tuer pour elle au premier degré, et ce, sans hésiter. Il fonça sur l'étranger avec une telle force que ce dernier en resta coi. Mais il savait depuis longtemps que sa particularité prendrait fin si jamais il venait à se servir de ses dons contre un humain. Grand mal lui fasse, il ne put se résoudre à épargner l'autre lorsqu'il eut sondé son esprit pour y apercevoir les pires vices de l'humanité. Sa basse besogne accomplit, un goût de regret dans la bouche, il jeta un dernier regard de l'autre côté de la rue : Maladie nettoyait gaiement quelques tables. Cette fille rayonnante allait être déçue car ce soir il ne pourrait pas venir. Oui, ce soir, il lui briserait le cœur.

Devenu un esprit vengeur, il se refusait à la voir. Mais la folie manquant de l'emporter, un soir, juste un, il prit le risque. Et c'est là qu'il vit une Mala qu'il ne connaissait pas. La jeune et jolie jeune femme, pétillante, enjouée, espiègle, avait laissé place à une pâle ombre d'elle même. Aussi n'avait-il pas put détacher son regard noir d'elle. Elle pensait que c'était sa faute à elle s'il était parti. Cette seule idée fit naître en lui des envies de meurtre. Il avait eu envie de la secouer et de la faire réagir : quelle ne fut pas sa surprise quand il comprit qu'elle pouvait le voir. Le choc fut si violent qu'il disparut dans la foulée.

 

Cela faisait donc désormais quelques mois qu'il l'observait à bonne distance. Elle avait tellement paniqué en le voyant qu'il préférait ne plus risquer de lui causer une crise cardiaque. Pour autant, il lui semblait que son cœur était déjà mort et que, pour le coup, il ne risquait plus grand chose. Ce jour-là, alors qu'il s'apprêtait à disparaître dans son monde d'horreurs, quelque chose le retint. Il se figea, tous les sens en alerte, un frisson remontant le long de sa colonne. Une main. Il y avait une main qui retenait sa veste en cuir. Cette petite main, si fine, si belle, il l'aurait reconnu entre mille. Un demi-tour plus tard, Mala le regardait de ses yeux bleus cristallins. Comme transpercé par les étoiles elles-mêmes, il ne pouvait plus dire un mot.

« - Ne t'en vas pas.

Ne t'en vas plus.

Ne me laisse plus jamais seule »

 

On raconte que Mala ne vécut pas longtemps, qu'elle fut rapidement emportée par la mort, comme embrassée par le mal lui-même. Mais l'histoire note un point important, et c'est ce dont il faut se souvenir : elle fut heureuse toute sa courte existence, bien que considérée comme légèrement dérangée. Elle avait pour habitude de toujours se parler toute seule, à voix haute. Tous les soirs, elle préparait un indien et le déposait sur une table déserte. Elle s'y asseyait et son regard se perdait dans le vide. Quoi qu'on en dise, malgré sa joie de vivre, jamais elle ne fut aussi radieuse que le jour où elle quitta ce bas monde

 

Tilancia

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2016-10-20T17:38:57+02:00

Un dernier verre

Publié par Tilancia

écrit le 20/10/2016

Il était un habitué depuis longtemps déjà. Lorsque Mala, surnom pour les intimes, avait commencé à bosser ici en tant que serveuse, il était déjà là. Aussi, considérait-elle qu'il était presque un VIP. Elle en avait entendu beaucoup sur lui. Dans un bar, les infos circulent toujours, même si le principal intéressé n'est pas très bavard. Il était grand, sombre, l'air mystérieux, un peu bad boy mais terriblement attractif. Mala ne pouvait en détacher ses yeux.

Au fil du temps, Mala su l'apprivoiser et tous les deux devinrent très proches, assez pour qu'ils apprécient réciproquement de se retrouver là, tous les soirs, autour d'un indien. Elle lui servait toujours le même cocktail, elle ne se contentant que de boire ses paroles.

Mais un soir, il ne vint pas. Mala en était presque malade à l'idée qu'il ait pu changer de bar, ou pire, qu'il lui soit arrivé quelque chose. Elle interrogea ses collègues, personne ne l'avait vu. Plusieurs jours passèrent et l'inquiétude de Mala la rongeait. Il ne viendrait plus, elle en était désormais presque certaine...

Un soir, quelques heures avant la fin de son service, alors qu'elle confectionnait toujours plus de cocktails, Mala sentit une légère brise, glaciale. Se réchauffant de ses bras, elle s'éloigna du comptoir en cherchant des yeux la fenêtre ou la porte qu'un imbécile heureux avait du laisser ouverte. Mais ni porte ni fenêtre ouverte ne lui apparut. Il était là. Devant elle mais avec ce quelque chose d'étrange, de presque effrayant, qu'elle ne lui connaissait pas. Son regard noir ne la quittait pas des yeux, il était blême et très amaigri. Soudain, quelqu'un lui passa à travers. Mala allait hurler d'horreur quand elle fut interrompu par son patron :

« Maladie, grouille toi, y'a du monde au bar !''

 

Tilancia

 

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2016-10-10T20:13:30+02:00

Miel'volution

Publié par Tilancia
écrit le 10/10/2016
écrit le 10/10/2016

A l'attaque mes soeurs ! Piquez moi ça et dare-dare ! Ne laissons plus cet ours mal léché, et polaire surement vu sa dégaine, s'emparer de notre si dur labeur. On ne sillonne pas le ciel pour que Monsieur ait son petit miel ! La Reine, allons la voir. Il est grand temps que la terreur, ici, plus jamais ne concurrence son règne.

Tilancia

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2016-09-20T18:26:58+02:00

Peintures criardes

Publié par Tilancia
écrit le 20/09/2016
écrit le 20/09/2016

Un squelette qui sonne les cloches.

Un monstre, un dieu, que sais-je, qui croque un homme.

Un poisson à gueule de loup qui créé la mer.

Un tatoué en mode camouflage devant un tableau.

A priori, aucun rapport entre eux.

Pourtant les trois premiers envient le tatoué, ce nomade. Le squelette cherche un échappatoire, le croqué a bien tenté de se tirer mais il en paie actuellement les conséquences. Notre bestiole marine aux allures canines n'en croit pas ses yeux et hurle au scandale : le tatoué s'est évadé... de sa toile !

Tilancia

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2016-09-19T16:56:50+02:00

Prison éclairée

Publié par Tilancia
écrit le 13/09/16
écrit le 13/09/16

Il fait si beau dehors alors qu'ici la pluie semble ne pas vouloir cesser. La lumière, je le crains, ne m'atteint plus. Quelle est donc cette obscurité naissante dans ma poitrine ? Je vais mal, oui, ça doit être ça. Je suis seule face à moi-même et c'est un combat permanent où le silence ne se fait jamais. Je suis seule dans cette pièce. J'aimerai sortir mais c'est impossible. Je ne peux contempler et percevoir le monde extérieur qu'à travers cette maudite fenêtre. Pour dire vrai, il y en a deux. Ce sont mes yeux.

Ce sentiment de solitude et d'emprisonnement en notre propre vaisseau, j'ose croire qu'il est universel...

Tilancia

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2016-08-30T23:59:52+02:00

M'Arci bien !

Publié par Tilancia
écrit le 30/08/2016
écrit le 30/08/2016

Un panier, des pommes, une poire, du raisin...mouais... Encore une nature morte peu inspirante. Je devais pourtant terminer ce fichu article pour le lendemain, sinon, j'allais moi-même devenir un truc mort ! Mon powerpoint me renvoyait la page blanche d'un air accusateur. L'illumination suprême se faisait visiblement attendre.

J'attrapais paresseusement mon café, appuyant au passage sur mon clavier. Un combo d'origine incertaine eut raison de ma maigre mise en page et tout s'en fut retourné. Devant moi, le panier prenait à présent une allure de vieux personnage joufflu aux cheveux hirsutes. Il me sourit de toutes ses dents...enfin, de ses raisins, et bafouilla quelque chose d'incompréhensible.

O-K ! Pas de panique, je venais juste, clairement, de perdre la raison. Mais la chose continuait à parler et, apeurée, j'éteignais aussi vite que possible l'écran de l'ordinateur. Le café ou la fatigue, les deux, ou dieu seul sait quoi encore me faisait délirer. Il me fallait une pause. J'allais jusqu'aux toilettes pour me rafraîchir, aspergeant mon visage d'eau froide avec une telle ardeur que j'aurai pu m'y noyer. Je regardais ma montre : minuit et quelques. Il fallait que je me remette au travail, l'esprit sérieux et rationnel. Mais comment rester rationnelle lorsqu'arrivée à mon bureau, je trouvais une orange à demie croquée, sur laquelle on pouvait lire :

« Lorsque la situation t'échappe, change de point de vue. Bien à toi, Arci. ''

Abasourdie, je rallumais l'écran. Le vieux n'avait plus de bouche ! C'en était trop. Un battement de coeur plus tard, le souffle court, je sombrais dans l'inconscience.

Au petit matin, je me réveillais avachie sur le bureau, complètement courbaturée. Le clavier était imprimé sur mon visage, j'avais même bavé sur mes fiches de notes. La honte. Le chef se rapprochait de mon poste d'un pas décidé, l'air grave. J'essayais de reprendre un minimum de contenance lorsqu'il arriva à ma hauteur. L'instant d'après, il me félicitait pour mon article remarquable sur Arcimboldo. Un coup d'oeil au moniteur et je vis que la bouche du vieux était de retour, à présent juste une orange dans un panier lambda.

Les jambes en coton, je vous jure, et libre à vous de me croire ou non, que cette nuit là, je n'ai pas écris un traître mot.

Tilancia

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2016-08-20T18:12:28+02:00

De Vendredi à Mercredi

Publié par Tilancia
écrit le 20/08/2016
écrit le 20/08/2016

Alors que l'avion sombrait dans la mer agitée, j'adressais une dernière prière silencieuse.

Jour 1

Je me suis échoué sur une île... avec ma valise. Dedans, rien d'utile à la survie : du Tolstoï, du Musso... bref, une série de livres qui devait tuer l'ennuie des vacances. J'ai arraché les pages de titres pour pouvoir transmettre mon histoire. Je n'y connais rien en survie, je vais mourir, c'est sur.

J 10

Il ne me reste plus que 4 pages, j'ai perdu les autres en pêchant dans une crique. Je ne sais plus quel jour nous sommes. J'ai tellement faim que je dévorerai bien un bouquin... La chaleur est assommante, le soleil éreintant. Il n'y a personne ici, je suis seul. Je continue à croire que je vais mourir. Si ces écrits sont retrouvés, je lègue le peu que je possède à ma sœur, Louise.

J X

C'est ma dernière page. J'ai brûlé tous les livres pour survivre aux nuits hostiles, pour manger et me réchauffer aussi. Ces derniers mots décriront l'homme que je suis devenu. Un survivant. Un barge. Un taré assurément. Je me nourris de tout ce qui bouge, mon ouïe et ma vue se sont améliorés. Je suis un prédateur, le maître de l'île. Mon île.

Je serai désormais Mercredi. J'attends Robinson ou une pâle copie pour... un festin de minuit !

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2016-08-19T10:45:17+02:00

Pa-paradis

Publié par Tilancia
écrit le 17/08/2016
écrit le 17/08/2016

Je savais que ça allait encore bouchonner. Je maudis cette foutue route et ce foutu soleil, qui daigne montrer le bout de son nez seulement quand ça l'arrange, c'est à dire quand moi ça me dérange. La voiture s'est transformée en véritable fournaise, mon crâne me fait mal, j'ai soif.
L'espace de quelques instants, je crois que ma vue se trouble, puis, recouvrant mes esprits, je me rends compte que les véhicules devant moi ont disparu. Tous. A la place, seul un grand panneau subsiste : il indique un petit coin de paradis si je prends la prochaine à droite. Une vraie perle ! 7573 kilomètres, c'est un défi que je peux relever. Le monde m'appartient.

J'entends déjà la musique des îles ''tut tut tut'', ''tuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut''.

Je me réveille d'un bond, pas loin de me payer le plafond de la voiture. Le bouchon est de retour, les voitures aussi et elles sont loin devant. Les klaxonnes répétés me font comprendre qu'il faut que j'avance. Amer, je dépasse le panneau, promoteur d'un canapé dernier cri.

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